Rappel à Dieu d'un maître en « Bible et Philosophie »

by Bible.In.Its.Traditions

P. Xavier Tillette (1921—2018)

Avec gratitude pour l'oeuvre d'un très grand penseur dont les travaux ont inspiré beaucoup de nos notes le long des Évangiles dans les rubriques « Philosophie » et « Littérature », nous répercutons le bel hommage que lui a rendu le prof. Cappelle-Dumont

Paris, le 10 décembre 2018

Chers Membres et Sociétaires,

C'est avec une grande tristesse que je vous informe du décès, survenu ce 10 décembre, du R.P. Xavier Tilliette SJ à l'âge de 97 ans. Membre honoraire de notre Académie depuis sa fondation, il était l'un des derniers grands jésuites, proche de la génération des Pères Henri de Lubac, Jean Daniélou ou Karl Rahner.

Philosophe de renom, internationalement commenté et célébré notamment par l'intermédiaire de L'Istituto Xavier Tilliette fondé par des universitaires italiens, il laisse une œuvre de philosophique et théologique majeure qui inspire depuis plus de quatre décennies non seulement les penseurs chrétiens mais aussi nombre de commentateurs de l'Idéalisme allemand, principalement de Schelling dont il était le spécialiste mondial.

Initiateur de la « Christologie philosophique », lecteur avisé de Soeren Kierkegaard, de Paul Claudel, de Maurice Blondel et de Gustav Siewerth, il aura défendu avec une érudition rare et une ardeur parfois cachée derrière l'élégance, l'idée de philosophie chrétienne, surmontant avec talent les objections dressées par les tenants d'une séparation nette entre la foi et la raison. C'est ainsi qu'il avait été personnellement consulté au cours de l'élaboration de la grande encyclique « Fides et ratio » signée du Pape philosophe Jean-Paul II.

Proche de sa personne depuis 40 ans, comme l'étaient Jean-Louis Vieillard-Baron ou Bertrand Saint-Sernin et tant d'amis philosophes de tous âges, je ne puis qu'éprouver avec eux et avec toute la communauté des philosophes catholiques le sentiment d'une perte profonde.

Ses anciens étudiants et collègues de l'Université grégorienne de Rome et de l'Institut catholique de Paris ainsi que ses lecteurs français, italiens, anglo-saxons, portugais ou espagnols, mesureront sans doute plus que jamais, ces tout prochains mois et ces prochaines années, tout ce qu'ils doivent à une personnalité aussi discrète que lumineuse dont la disparition, redoutée depuis quelques années, ouvre désormais entièrement le temps de la reconnaissance.

Père Doyen Philippe Capelle-Dumont
Président de l'Académie catholique de France